L'or franchit à nouveau les 2 400 $/oz : qu'en penser ?
L'once d'or repasse durablement au-dessus des 2 400 dollars, portée par un cocktail rare d'achats des banques centrales et de tensions géopolitiques. Décryptage des moteurs et des limites du mouvement.
Une dynamique structurelle, pas spéculative
Contrairement aux rallyes des années 2011 ou 2020, la poussée actuelle ne repose pas sur un afflux d'investisseurs retail. Les flux ETF restent atones, voire négatifs sur trois mois. La demande provient principalement des banques centrales émergentes — Chine, Inde, Turquie, Pologne — qui poursuivent une diversification entamée après le gel des avoirs russes en 2022.
Le World Gold Council estime à 1 045 tonnes les achats nets souverains en 2024, niveau record sur deux décennies. Cette demande "price-insensible" agit comme un plancher technique solide autour de 2 200 dollars.
Le facteur géopolitique : une prime durable
Les conflits ouverts en Ukraine, au Proche-Orient et les tensions en mer de Chine renforcent l'attractivité de l'actif refuge par excellence. Mais la corrélation entre tensions et cours de l'or s'est affaiblie : le métal ne réagit plus à chaque épisode, ce qui plaide pour une intégration structurelle de la prime géopolitique dans le prix.
Faut-il acheter maintenant ?
Du point de vue tactique, le ratio or/dollar reste tendu. Une consolidation entre 2 200 et 2 400 dollars semble probable à court terme. Pour l'investisseur de long terme, l'or conserve son rôle de stabilisateur dans une allocation, à hauteur de 5 à 10 %. Les véhicules accessibles vont du lingot physique aux ETC adossés.
À surveiller en 2026
Trois variables détermineront la trajectoire : le rythme de baisse des taux directeurs américains, la stabilité des achats chinois (en pause depuis novembre 2024) et l'évolution du dollar index. Une rupture sur l'un de ces trois fronts ouvrirait probablement un nouveau range supérieur.